Investissements étrangers : la France disparaît des écrans radar, ruée sur les paradis fiscaux

La Cnuced a constaté pour 2013 un nouveau recul des investissements directs étrangers en France qui se sont effondrés de 77 % à un peu moins de 6 milliards de dollars. Alors que l’Union européenne a enregistré une hausse de ces flux, et que les investisseurs se ruent sur les paradis fiscaux.

La France disparaît des écrans radar des investisseurs internationaux. Ce mercredi, la Conférence des Nations Unies pour le Commerce et le Développement (Cnuced) dans son rapport préliminaire sur l’évolution des flux d’investissements dans le monde pour 2013 est venue le confirmer. L’Hexagone n’a accueilli que 5,7 milliards de dollars d’investissements direct étrangers (IDE). Un recul de 77 % qui s’ajoute à celui constaté en 2012, car la France avait déjà enregistré une baisse de 35 % l’année dernière, à 25 milliards de dollars. Dans le classement 2013 des pays récipiendaires de ces IDE, la France a disparu de la liste des 20 premiers pays alors qu’elle était située en 16ième position l’année précédente. Il est loin le temps où l’hexagone occupait la quatrième position (NDLR : 88 milliards en 2006 et 63 en 2005) du classement. Comme le souligne la Cnuced, parmi les pays de l’Union européenne, c’est la France qui a affiché l’an passé le plus fort recul de ses IDE entrant sur le territoire.

Attention : les données de la Cnuced, qui intègrent les opérations financières, telles que les fusions acquisitions, sont très volatiles. Il y a exactement un an, la Cnuced avait d’abord fait état d’une croissance des IDE en France de 43,8% pour 2012 avant de corriger, 5 mois plus tard ses chiffres…

Néanmoins, cette dernière publication résonne comme un nouveau signal d’alarme pour la France. Différents baromètres existent pour mesurer l’attractivité de la France. Et si certains sont moins alarmistes que celui de la Cnuced, ils suggèrent tous un moindre attrait des investisseurs pour la France.Le 19 décembre dans « Les Echos », 50 dirigeants de filiales étrangères installées en France (Coca-Cola, GE, Siemens, HP, Adecco...) avaient lancé un appel retentissant, expliquant le mal qu’ils avaient à convaincre leurs maisons mères d’investir dans l’Hexagone. Le président de la République, François Hollande, réunira le 17 février une petite trentaine de grands patrons étrangers lors d’un conseil stratégique de l’attractivité. La tenue de cette instance avait été annoncée il y a maintenant un an, avant d’être plusieurs fois reportée. A cette occasion, le chef de l’Etat écouter les doléances des grandes sociétés internationales. Mais il compte aussi défendre à cette occasion défendre son « pacte de responsabilité » visant à alléger les charges des entreprises.

Ce que mesure la Cnuced

Les données établies par la Cnuced sur les investissements directs étrangers (IDE) intègrent des opérations financières, telles que les fusions et acquisitions, ainsi que des flux financiers intra-groupes, qui peuvent représenter une part très significative de ces investissements directs étrangers. C’est pourquoi, les agences de promotion de l’investissement étranger, telle que l’Agence française pour les investissements internationaux (Afii)à, concentrent leurs bilans sur les projets d’investissement physique permettant de créer ou de sauvegarder de l’emploi. Selon le dernier bilan de l’Afii, 693 projets d’investissements sont intervenus en France en 2012 ( les chiffres 2013 seront connus en mars), un chiffre quasi-stable sur un an. Mais la taille de ces projets a tendance à être de plus en plus petite et donc moins créateur d’emplois (25.908 emplois en 2012 contre près de 28.000 en 2011).

Tous les pays ne sont pas à la même enseigne. D’une part, la conjoncture mondiale sur le plan des IDE s’est améliorée puisqu’ils se sont inscrit en hausse de 11 % l’an passé à 1.460 milliards de dollars, soit un niveau comparable à celui enregistré en moyenne avant la crise, note la Cnuced. En tête du classement, on retrouve les Etats-Unis (159 milliards de dollars), suivi de la Chine (127 milliards) de la Russie (94 milliards) et … des Iles Vierges Britanniques (92 milliards). La Cnuced note que, pour la seconde année consécutive, les flux d’investissements directs destinés aux pays développés sont au plus bas et ne représentent que 39 % du total des IDE (576 milliards de dollars). Les flux sont en hausse pour l’Union européenne, en particulier vers l’Irlande, le Luxembourg, la Belgique et vers les Pays-Bas. Mais, l’Allemagne (392 % de hausse), l’Espagne (+37%) et l’Italie ont tiré leur épingle du jeu. Les pays émergents, eux, ont connu un nouveau pic avec 759 milliards de dollars d’investissements.


Featured Posts
Recent Posts
Search By Tags
Pas encore de mots-clés.
Follow Us